Le silence n'est pas une absence, c'est une décision



Le silence n'est pas une absence 
C'est une décision 

En musique, les notes ne suffisent pas. 
Ce sont les silences qui leur donnent sens. 

Sans eux, tout devient indistinct. 
Un flux continu. 
Sans relief. 
Sans respiration. 

Dans nos organisations, il en va de même. 

On parle. 
On explique. 
On commente. 

Pour rassurer. 
Pour occuper l'espace. 
Pour montrer que l'on maîtrise. 

Un dirigeant qui parle en permanence finit par saturer l'attention. 
À force de répondre, il empêche les questions d'émerger. 
À force d'expliquer, il réduit la capacité des autres à penser. 

Le silence, lui, ouvre. 

Un espace pour formuler. 
Un espace pour contester. 
Un espace pour assumer. 

Certains dirigeants l'ont compris. 

François Michelin parlait peu. 
Ses interventions étaient rares, préparées, dépouillées. 

En interne, il questionnait plus qu'il n'exposait. 
Chez lui, la parole n'était pas un outil de présence. 
Elle était un instrument de justesse. 

Le silence n'était pas un retrait. 
C'était une exigence. 

Mais tous les silences ne se valent pas. 

Comme le rappelait Blaise Pascal : « Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. » 

Il y a le silence qui esquive. 
Celui qui abandonne. 

Et il y a le silence qui tient. 
Celui qui écoute. 
Qui protège. 
Qui engage. 

Diriger, ce n'est pas seulement produire des mots. 
C'est discerner quand ils deviennent inutiles. 

Comme en musique, la justesse tient au tempo. 
À ce qui n'est pas joué. 

Savons-nous reconnaître les silences qui construisent de ceux qui fragilisent ? 

Le silence ne comble pas un vide. 
Il permet à l’essentiel de se révéler. 


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